Economie de plateforme, quelles résistances face aux fausses alternatives ?

Depuis le départ du développement du phénomène de l’économie de plateforme, les véritables résistances sont celles issues des travailleurs, des coursiers, des riders. Ceux-ci ont été soutenus et écoutés par les organisations syndicales qui ont pris la peine de prendre en considération leurs combats et leurs revendications, comprenant que l’action syndicale ne s’implante pas de l’extérieur mais que la lutte provient des travailleurs eux-mêmes.

L’économie de plateforme, phénomène rétrograde pour le monde du travail.

Le cas emblématique et symbolique  des plateformes de livraison en Belgique.

L’économie de plateforme se manifeste partout autour de nous. Qu’on consomme ou non ses services, il est difficile de l’ignorer : elle fait bien de plus en plus partie de nos vies… En effet, les plateformes de livraison sont aujourd’hui l’une des vitrines les plus symboliques de cette société capitaliste qui se perpétue en trouvant de nouveaux moyens de surexploitation et impose régulièrement des conditions rétrogrades aux travailleurs. Afin d’assurer de nouveaux besoins de service et de consommation à la population, elles engagent des individus à parcourir des kilomètres pour livrer des repas, sans que ne leur soit garanties une rémunération-horaire, ni l’ouverture des droits à la sécurité sociale. À côté de plateformes très visibles comme Deliveroo, on retrouve Airbnb et Uber qui font autant partie du lot que les plateformes numériques aussi puissantes que les « GAFAM » : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft.

Cette analyse se concentrera uniquement sur les plateformes de livraison. 

Un autre regard sur les fonctions critiques et les métiers en pénurie

Face aux difficultés d’embauche dans certains métiers, la droite et le patronat ne cessent de stigmatiser les demandeuses et demandeurs d’emploi : pas assez volontaires, pas assez motivés, pas bien formés…

Leur solution : davantage de contrôles et de sanctions !

Pourtant, à y regarder de plus près, ce ne sont pas les sans emploi qui manquent de motivation… Mais bien les entreprises !

La Cellule de lutte contre les discriminations de la FGTB wallonne et du CEPAG a analysé pas moins de 2.639 offres d’emploi publiées sur le site du Forem portant sur 14 fonctions critiques ou en pénurie.

Résultat ?

On constate un profond déséquilibre entre exigences des employeurs et les conditions de travail proposées. Pour des emplois tant recherchés et des exigences si pointues, la contrepartie patronale n’est clairement pas à la hauteur… Quelques exemples ?

  • 80% des offres d’emploi en boulangerie exige de l’expérience, ce qui exclut d’office les jeunes ainsi que les personnes en reconversion. Avec, à la clef, un contrat précaire dans 78% des cas !
  • 6 offres d’emploi de maçon sur 10 demandent de l’expérience contre des contrats précaires dans 77% des cas.
  • 70% des annonces d’aides-ménagères demande de posséder un véhicule personnel. Un comble quand on connaît les barèmes en vigueur dans ce secteur !
  • La référence au salaire ou au barème est, la plupart du temps, absente des offres d’emploi. C’est le cas pour 90% des offres pour le poste de comptable…
  • Très souvent, postuler doit obligatoirement se faire par mail, même pour des fonctions ne requérant aucune compétence en rédaction, informatique ou bureautique. C’est par exemple le cas pour 82% des offres pour des postes de conducteurs de cars.

On ne peut, dans le même temps, exiger une personne surqualifiée, motorisée, expérimentée et opérationnelle tout de suite ; ne proposer en contrepartie que des contrats précaires, des régimes flexibles et des salaires au rabais ; et venir ensuite se plaindre de manquer de personnel !

Cela n’empêche pas le MR de réclamer davantage de sanctions contre les sans-emploi ou de voir le travail obligatoire (dit « service communautaire ») d’être instauré en Flandre. Depuis 2015, la limitation dans le temps des allocations d’insertion a entraîné l’exclusion de 55.000 personnes, dont près de 35.000 en Wallonie (et une majorité de femmes)… Et, en 15 ans, les contrôles de disponibilité ont entraîné plus de 550.000 sanctions et exclusions, dont 300.000 en Wallonie. Pourtant, le nombre d’emplois non pourvus reste constant. La preuve de l’inefficacité des politiques d’exclusion mises en œuvre par le fédéral : la technique du bâton ne fonctionne pas…

C’est au contraire sur les incitants et le renforcement des conditions d’attractivité qu’il faut travailler pour sortir réellement les demandeuses et demandeurs d’emploi de la précarité et tendre vers plus de prospérité générale.

Des leçons à tirer des échecs révolutionnaires passés

Fut un temps où l’on rêvait de révolutions.

Se battre au nom d’un idéal collectif : l’égalité humaine.

Refuser les injustices et les oppressions.

Prendre des risques personnels en défiant plus puissant que soi.

Militer pour améliorer le sort d’autres humains.

Tenter, avec les camarades, d’accoucher d’un monde nouveau.

Un monde meilleur. Un monde aussi parfait que possible.

Bien qu’ils semblent morts et enterrés de nos jours, ces rêves ont eu le mérite d’exister.

Des gens, nombreux, il n’y a pas si longtemps, ont rêvé d’améliorer la vie de leurs semblables.

Ils en ont rêvé tellement forts qu’ils se sont battus et ont lutté ensemble.

C’était une époque où le mot « camarade » secouait l’âme jusque dans ses tréfonds.

Pour quel résultat ?

Telle est la question principale de cette étude qui part de l’hypothèse - erronée ou non - que le modèle politique qui a dominé ces dernières décennies arrive à son terme. Bien qu’il soit toujours à la mode, le néolibéralisme sème tellement de crises sur son chemin que sa légitimité est de moins en moins fondée. Alors que les couches sociales les plus aisées accumulent des fortunes indécentes quand de nombreuses personnes basculent dans la pauvreté, comment croire encore que c’est en favorisant les personnes les plus riches qu’on créera de l’harmonie sociale ? De même, la libre-concurrence nous a mené au seuil de crises écologiques majeures avec des empires marchands parfois plus puissants que des États. Des empires marchands autorisés à faire tout et n’importe quoi pour s’enrichir, comme mentir à propos du réchauffement climatique (une spécialité des empires marchands pétroliers) ou exterminer massivement des espèces en rasant des forêts millénaires ou en pratiquant la pêche industrielle. Comment imaginer qu’en poursuivant ce genre de politique, on puisse atténuer les crises écologiques majeures que le néolibéralisme a provoquées ? On peut mentir aux gens un certain temps, mais vient un moment où le masque tombe et les supercheries sont éventées.

Même s’il a toujours les faveurs de nombreux gouvernements en place, le cauchemar néolibéral va probablement se fissurer, puis imploser. Pour être optimiste, imaginons alors que nous soyons nombreux à vouloir le remplacer par quelque chose de plus heureux. Tournant le dos aux sirènes immondes du repli identitaire glorifiant un groupe social au mépris des autres (comme le proposent les mouvances politiques d’extrême-droite), rêvons un instant de le remplacer par un monde meilleur. Celui d’humains gravitant ensemble autour de valeurs comme la justice sociale et l’égalité. Une chose déjà tentée par le passé… mais qui n’a pas toujours bien tourné. Pour éviter de faire bégayer l’histoire en trébuchant sur les mêmes erreurs, comprendre les raisons de cet échec est important. Pour y parvenir, remontons le fil du temps jusqu’à la création de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).

Comprendre la gravité de la crise

Suite à la « reprise » économique chaotique post-covid, à la guerre en Ukraine, mais aussi à des pratiques spéculatives, les prix de l’énergie ont commencé à augmenter depuis le début 2022. Mais le phénomène s’est fortement accéléré ces derniers mois pour atteindre des niveaux inconnus jusqu’ici…

Mis à part quelques grandes entreprises (dont le secteur énergétique mais pas seulement) qui engrangent des surprofits astronomiques sur le dos des consommatrices et consommateurs, cette crise, dont les effets se font déjà sentir, va avoir des conséquences très importantes dans toutes les sphères de la société.

La situation est grave : si des mesures très fortes ne sont pas prises dans les semaines et mois qui viennent, nous fonçons droit vers une catastrophe sociale et économique qui est juste devant nous.

Jusqu’à présent, les mesures prises ou annoncées par les différents niveaux de pouvoir, européen, fédéral et régional, sont totalement insuffisantes pour affronter cette nouvelle crise… et l’hiver.

Les solutions existent : parallèlement à des mesures d’urgence, il est indispensable de déployer des politiques structurelles pour assurer des tarifs abordables et stables, pour faire contribuer les entreprises du secteur ayant engrangé des surprofits et pour secteur énergétique dans le giron – et sous contrôle – public. 

Ces mesures structurelles, dont la gestion publique de l’énergie (ainsi que des autres stratégiques), sont d’autant plus importantes pour deux raisons :

  1. Qu’on le veuille ou non, si l’on veut éviter le désastre climatique, 75% (au moins) des réserves de combustibles fossiles doivent rester à jamais dans le sous-sol. Alors que les effets de la destruction des écosystèmes provoqués par deux siècles de capitalisme sont là et que certains sont déjà irréversibles, la sortie rapide des énergies fossiles reste donc une nécessité et une urgence.
  2. Qu’on le veuille ou non, les énergies fossiles ne sont pas renouvelables et s’épuisent à grande vitesse. Certains pics de production sont déjà atteints et d’autres le seront bientôt. D’autres chocs énergétiques sont inévitables. Sans préparation, ces chocs provoqueront à nouveau des explosions de prix et/ou des chutes drastiques de la disponibilité en énergie, avec des conséquences sociales et économiques désastreuses. Des réflexions profondes doivent donc se mener sur la sobriété énergétique afin que celle-ci soit décidée démocratiquement, économiquement efficace et socialement juste.

Dans cette analyse, nous nous pencherons sur la gravité de crise et ses conséquences pour les ménages, les entreprises, le service public et non-marchand, les finances publiques mais aussi sur l'économie.

Crise énergétique : l'échec de la libéralisation

Suite à la « reprise » économique chaotique post-covid, à la guerre en Ukraine, mais aussi à des pratiques spéculatives, les prix de l’énergie ont commencé à augmenter depuis le début 2022. Mais le phénomène s’est fortement accéléré ces derniers mois pour atteindre des niveaux inconnus jusqu’ici…

Mis à part quelques grandes entreprises (dont le secteur énergétique mais pas seulement) qui engrangent des surprofits astronomiques sur le dos des consommatrices et consommateurs, cette crise, dont les effets se font déjà sentir, va avoir des conséquences très importantes dans toutes les sphères de la société.

La situation est grave : si des mesures très fortes ne sont pas prises dans les semaines et mois qui viennent, nous fonçons droit vers une catastrophe sociale et économique qui est juste devant nous.

Jusqu’à présent, les mesures prises ou annoncées par les différents niveaux de pouvoir, européen, fédéral et régional, sont totalement insuffisantes pour affronter cette nouvelle crise… et l’hiver.

Les solutions existent : parallèlement à des mesures d’urgence, il est indispensable de déployer des politiques structurelles pour assurer des tarifs abordables et stables, pour faire contribuer les entreprises du secteur ayant engrangé des surprofits et pour secteur énergétique dans le giron – et sous contrôle – public. 

Ces mesures structurelles, dont la gestion publique de l’énergie (ainsi que des autres stratégiques), sont d’autant plus importantes pour deux raisons :

  1. Qu’on le veuille ou non, si l’on veut éviter le désastre climatique, 75% (au moins) des réserves de combustibles fossiles doivent rester à jamais dans le sous-sol. Alors que les effets de la destruction des écosystèmes provoqués par deux siècles de capitalisme sont là et que certains sont déjà irréversibles, la sortie rapide des énergies fossiles reste donc une nécessité et une urgence.
  2. Qu’on le veuille ou non, les énergies fossiles ne sont pas renouvelables et s’épuisent à grande vitesse. Certains pics de production sont déjà atteints et d’autres le seront bientôt. D’autres chocs énergétiques sont inévitables. Sans préparation, ces chocs provoqueront à nouveau des explosions de prix et/ou des chutes drastiques de la disponibilité en énergie, avec des conséquences sociales et économiques désastreuses. Des réflexions profondes doivent donc se mener sur la sobriété énergétique afin que celle-ci soit décidée démocratiquement, économiquement efficace et de manière socialement juste.

Après nous être penchés, dans une précédente publication, sur la gravité de la crise et ses conséquences pour les ménages, les entreprises, le service public et le non-marchand, les finances publiques mais aussi sur l'économie, cette analyse fait le point sur le secteur de l’électricité et son fonctionnement mais aussi sur les conséquences, néfastes, de sa libéralisation.

Actualités de l'impérialisme

Largement absent de nombreuses analyses depuis des années le mot impérialisme resurgit pour dénoncer la guerre menée par le pouvoir russe en Ukraine. Pourtant, le concept a une portée plus large. Il reste essentiel pour comprendre le capitalisme, ses logiques prédatrices et invite à choisir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes plutôt que celui de l’une ou l’autre puissance économique et militaire.

Lutte des classes : passé, présent, futur

La lutte des classes ne cesse d’être déclarée obsolète. En brouiller la conscience reste l’activité prédominante des acteurs politiques et économiques dominants. Pour les mouvements sociaux, il est vital de s’approprier sa force explicative. Car elle détermine l’urgence sociale et écologique.

Complots, réels ou imaginaires, comment faire la part des choses ? Un outil pédagogique pour exercer son esprit critique et son libre-arbitre

Ces dernières années, on assiste à une montée en flèche de théories – des plus farfelues aux plus sordides – mettant en avant des complots de toutes sortes pour « expliquer » des événements liés à l’actualité. Ce fut le cas notamment lors de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Très souvent amenées sans aucune preuve tangible, ces théories complotistes gagnent du terrain, notamment via internet et les réseaux sociaux, au point de polluer le débat démocratique avec des thèses parfois sans queue ni tête… pouvant même s’avérer dangereuses.

A côté des théories du complot fumeuses et douteuses, nous ne pouvons nier l’existence de conjurations. En témoignent, par exemple, les mensonges avérés de l’industrie du tabac ou les coups d’Etat perpétrés par la CIA durant la Guerre froide.

En tant que citoyenne et citoyen, abreuvés sans cesse d’informations, comment faire la part des choses ? Comment exercer son libre-arbitre en exigeant des méthodes de recherche rigoureuses et des preuves fiables ?

Un outil pédagogique à découvrir et télécharger ici